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France 1793, époque de terreur. Les prisonniers sont si nombreux qu'on improvise partout des lieux de détention. Incarcérés dans un théâtre converti en prison, Jacques, le valet, et son maître, féru de philosophie, racontent leurs exploits érotiques aux autres prévenus parmi lesquels se trouvent un chevalier, une marquise et une soubrette. Ainsi, dans l'antichambre de la mort, la communauté des prisonniers se prend au jeu du récit sans cesse interrompu des amours gaillardes de Jacques et de ses interrogations métaphysiques. |
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Œuvre révolutionnaire en soi par sa construction narrative, Jacques et son maître instaure une écriture romanesque moderne : les niveaux de récit se chevauchent, les instances d'énonciation se multiplient - les personnages deviennent narrateurs - et les digressions foisonnent. Achevé en 1783, ce roman de Diderot avance une réflexion sur l'amour et la liberté. Tout en présentant un tableau complet des idéaux et des croyances qui ont précédé et préparé la Révolution française, cette œuvre nous pousse à questionner les excès commis au nom de la Liberté.
Cristina Iovita développe depuis vingt ans une expression scénique inspirée des techniques de la Renaissance italienne. Ainsi les personnages de Jacques le fataliste seront cristallisés en des archétypes de la Commedia dell'Arte. À l'instar de ce théâtre présenté à l'époque sur les places publiques, ce conte satirique se jouera entre les interprètes et le public, entre le passé historique et le présent pour raviver le goût du jeu et de la polémique.
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Metteur en scène et directrice de plusieurs théâtres en Roumanie, Cristina Iovita vit en Amérique depuis maintenant quinze ans. En 1994, elle remporte, à Boston, le Prix Rod Parker pour Dramaturgie originale. En 1997, l'École Nationale de théâtre du Canada lui confie un groupe d'étudiants en interprétation afin de réaliser un exercice sur les « utopies théâtrales de Marivaux ». C'est là que l'idée de fonder une compagnie germe, et en 1999, l'enseignante reprend son titre de directrice afin de poursuivre sa démarche avec ces jeunes diplômés. Leur collaboration portera le nom du spectacle qui les a réunis : Le Théâtre de l'Utopie. Parmi leurs dernières réalisations mentionnons Escurial de Michel de Ghelderode et Communication à une académie d'après Franz Kafka, présentées dans la Salle intime du Théâtre Prospero.
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Décors et costumes Anne-Marie Matteau
Lumières Anne-Catherine Simard-Deraspe
Assistance à la mise en scène, son et régie Stéphanie Capistran-Lalonde
www.theatre-utopie.com |

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